28.11.16

Messi n’y arrive pas, Del Potro si !

Eh oui, c’est peut-être un peu sévère avec le lutin du FC Barcelone et ce n’est pas forcément comparable, mais force est de constater que Juan Martin Del Potro a réalisé ce week-end ce que rêve de faire Lionel Messi depuis près de 10 ans : offrir à l’Argentine un grand titre international, et quel titre ! 

La Puce n’avait pas réussi à avoir ce supplément d’âme et de couilles en finale de la Coupe du Monde 2014 et à celles de la Copa America 2007, 2015 et 2016, perdues à chaque fois dans les pleurs et la détresse ; le géant de Tandil a lui parfaitement répondu à l’attente de tout un peuple et offre donc un premier Saladier d’Argent à son pays, après quatre échecs en finale. Que la fête a dû être belle dans leur vestiaire à Zagreb, dans les bars de Buenos Aires et dans les narines de Maradona !

Déjà héroïque en demi-finale face au futur numéro 1 mondial Andy Murray, à Glasgow qui plus est, Delpo a remis le couvert à Zagreb en signant un succès logique vendredi et un véritable exploit dimanche : mené deux sets à zéro par Marin Cilic, le vainqueur de l’US Open 2009 est revenu de nulle part et a fini par terrasser le Croate au terme d’un combat épique de 5 heures. Un match d’anthologie, une victoire pour l’éternité pour celui qui était encore… 1045ème mondial en février dernier ! J’ai regardé ce duel avec passion et ne pouvais qu’être content pour ce mec qu’on croyait fini, ce grand gaillard très sympa mais trop souvent blessé, trop souvent maudit, qui s’est donné les moyens de revenir et qui s’offre une seconde moitié de saison exceptionnelle, avec ce triomphe en Coupe Davis et sa médaille d’argent à Rio.

Cette victoire de l’Argentine, c’est aussi celle du noboby Federico Delbonis, lui qui avait conquis deux victoires en quart de finale et qui n’a pas tremblé au moment d’aller chercher ce point décisif, bien aidé il est vrai par un Ivo Karlovic aussi adroit que Gilbert Montagné en état d’ivresse… Cest également celle de Leonardo Mayer et Guido Pella, deux joueurs au palmarès famélique qui ont quand même ramené 6 points tout au long de cette campagne victorieuse, dont le cinquième contre la Grande-Bretagne pour Mayer.

Bref, ce fut beau de voir un pays de foot comme celui-ci se prendre de passion pour cette Coupe Davis. Ce fut magique de voir la rage des Argentins sur le court, l’excitation des supporters dans les tribunes et la folie de Maradona dans sa loge ! A l’image des Suisses à Lille en 2014, les Argentins ont régné en maîtres durant cette finale. Et plus que jamais, Diego Maradona est un sacré beau cinglé, l’une des plus belles légendes du monde du sport. Au contraire d’un Messi qui donne autant de rêve qu’un concert d’harmonica au marché de Noël de Montreux… 

Allez mon pote, cette fois je te laisse, bonnes vacances à toi et que la magie de la Coupe Davis perdure pour des siècles et des siècles !

21.11.16

The boss !

Plus de doute possible, Andy Murray est bel et bien le nouveau patron du tennis mondial. Un patron aussi souriant qu'un sergent-major à l'appel du matin, mais bon, on fera avec et de toute façon c'est toujours moins pire que le coton-tige... En cette semaine londonienne, le Britannique a poursuivi sa série de victoires (24 de suite !) et confirmé son statut de numéro 1 mondial en signant le parcours parfait : 5 matches, 5 succès dont une démonstration de force contre sa traditionnelle bête noire en finale. Le stade était en transe, Ivan Lendl a failli lâcher un sourire, la mère d'Andy a presque semblé sympathique et dans ma cabine y’avait de la joie aussi ! Car tu sais très bien que tout ce qui peut emmerder de près ou de loin Djokovic me rend heureux… Le Serbe ne remontera donc pas sur le trône avant un petit moment et le record de Rodgeur est pour l’instant moins menacé.

Sans Federer ni Nadal, cette édition du Masters a clairement manqué de saveur, de matches références (sauf un, j’y reviendrai) et ce n’est pas les présences folkloriques, pour ne pas dire inutiles, des Monfils, Thiem ou autre Goffin qui ont redonné des couleurs à ce tournoi. Le non-match de Nishikori en demi-finale est également à classer dans le rayon des hontes de ce tournoi. Quand tu es qualifié pour l’un des matches les plus importants de ta carrière et que tu joues en night session devant plus de 17'000 personnes, tu n’es pas capable d’offrir un autre spectacle et de gagner plus que deux jeux ? Pauvres spectateurs qui ont dû payer pour assister à cette véritable purge, à ce véritable Jean-François Copé

Heureusement pour les amoureux de la petite balle jaune, la première demi-finale entre Raonic et Murray a, à elle seule, sauvé le tournoi de l’indifférence totale. Un duel de malades entre deux joueurs en feu qui s’est conclu après… 3h38 de jeu, un record dans l'histoire d'un Masters. Un match de fou dans une ambiance électrique où l’Ecossais a sorti ses couilles sur le court et a notamment sauvé une balle de match dans le tie-break complètement dingue du troisième set. Rien que pour ce morceau de bravoure et la rage qu'il a affiché tout au long de ce thriller, le sosie de Frankenstein est un beau numéro 1 mondial.

La finale, elle, n’a pas atteint des sommets et ne deviendra donc pas LE match mythique entre Djokovic et Murray. Depuis trois ans, les deux dominateurs du circuit n’arrivent pas à être à leur meilleur niveau au même moment, d’où des finales à sens unique et sans la moindre émotion. La joie de l’Ecossais lors de la remise des prix était d’ailleurs tout sauf communicative… Le mec vient de gagner son 5ème tournoi de suite, son tout premier Masters en battant son pire ennemi, il est assuré de finir l'année au sommet du classement ATP et on dirait qu'il vient d'enterrer la moitié de sa famille... Ivan Lendl, merde, sors de ce corps ! 

Bref, la saison fut longue, les artistes – dont Stan – semblaient très fatigués cette semaine et je crois que tout ce petit monde est content de partir en vacances. Allez, vivement 2017 avec le retour plus qu’attendu du Maître et de Rafa. Putain comme ces deux monstres nous manquent !

9.11.16

Tous fans de Murray...

Désolé mon pote, j'ai brillé par mon absence depuis cette somptueuse finale de l'US Open, laquelle sera d'ailleurs la dernière finale de ce tournoi ouvert aux joueurs étrangers. Ben quoi ? Donald Trump n'a pas promis dans son programme de n'accepter que des joueurs au passeport américain (et blanc de peau) pour les prochaines éditions de l'US Open. Make American Tennis Great Again, c'était ça son slogan de campagne non ?

Plus sérieusement, il y a des choses à dire sur le monde du tennis depuis ce fameux 11 septembre 2016. Il y a eu le magnifique sauvetage de notre équipe suisse de Coupe Davis en Ouzbékistan, l'élimination attendue des Tricolores de Yannick – je ne suis plus magique – Noah, la qualification de l'Argentine grâce à un immense Del Potro, le forfait de Rafael Nadal pour le reste de la saison, le couac désormais habituel de Stan aux Swiss Indoors, la sortie de Roger Federer du Top 10 et, last but not least, l'incroyable accession au trône d'Andy Murray. Je dis incroyable car le Britannique accusait pas moins de... 8000 points de retard sur Novak Djokovic au lendemain de Roland Garros. La suite ? Un véritable festival de l'Ecossais qui, si l'on excepte le Masters 1000 de Toronto, l'US Open et sa défaite en demi-finale de la Coupe Davis, a littéralement tout gagné. Tout !

Couplée à l'écroulement du coton-tige, cette série de victoires permet au poulain d'Ivan Lendl de devenir le 26ème numéro 1 mondial de la petite balle jaune. Pas le plus offensif ni le plus charismatique c'est sûr, mais on déteste tellement le sosie de Joe Dalton qu'on est heureux pour le Britannique. Heureux pour le tennis qui a besoin d'une telle rivalité. Heureux aussi pour notre Rodgeur national dont le record de semaines à la tête du classement ATP est légèrement moins en danger. Légèrement car il suffirait que Murray merde à Londres pour que le Serbe reprenne les commandes et revienne sur le record des 302 semaines du Bâlois. A l'heure où j'écris ces quelques lignes, il manque 80 semaines à Djokonaze pour battre le record du Maître, ce qui est beaucoup et très peu à la fois, étant donné que seul Murray semble aujourd'hui en mesure de lui tenir tête...

Bref, félicitations à Andy Murray et pourvu qu'il reste tout en haut de la planète tennis le plus longtemps possible ! Premiers éléments de réponse dès lundi dans la grandiose O2 Arena où se déroulera le dernier tournoi de l'année. Un Masters que j'aurai la chance de commenter et où Stan The Man a hérité d'un tirage absolument infect avec Murray, Nishikori et Cilic, soit très mecs qui sont en pleine bourre en cette fin de saison. Quand tu penses que de l'autre côté tu as un dépressif qui se pose autant de questions que Patty Schnyder à la grande époque (Djokobite), un gaillard qui vient de déclarer forfait en demi-finale de Bercy (Raonic), un néophyte qui ne doit sa place qu'à l'absence de Nadal (Thiem) et un autre néophyte qu'on pourrait engager comme clown au Cirque du Soleil (Monfils), ben tu te dis que les deux groupes sont aussi équilibrés que les comptes du Servette FC sous Marc Roger... 

Allez, même si ça va faire bizarre un Masters sans Rodgeur ni Rafa, on se réjouit quand même et on espère que Stan et... Murray bien sûr nous donnent du rêve !

12.9.16

EMPIRE STAN BUILDING !!!!!

EMPIRE STAN BUILDING, voilà comment il faudrait rebaptiser la plus haute tour de New York !!! Il faudrait non seulement la rebaptiser mais également la repeindre en rouge et blanc, y installer une réplique du Cervin sur le toit et diffuser le cor des Alpes dans les ascenseurs ! Car Stan, pardon, Monsieur Stan Wawrinka, en ce 11 Septembre forcément symbolique, est devenu un monument à Big Apple. Dans ce pays attaché aux super-héros, le Vaudois mérite d'être surnommé Batstan, Ironstan, Spiderstan, King Stan ou encore Stansby le Magnifique !!!
Putain mon pote, je peux te dire que c'est cerné et exténué que j'écris ces quelques lignes, n'ayant pas réussi à trouver le sommeil avant 6 heures du mat, encore complètement excité par ce match d'anthologie durant lequel je me suis bouffé les ongles comme rarement. Encore une fois, Stan nous a totalement bluffé et prouvé qu'il n'était pas fait du même bois que tout le monde. Le Vaudois avait marqué les esprits en remportant ses deux premières finales de Grand Chelem face au numéro 1 mondial du moment, il a encore renforcé son mythe en atomisant la muraille Novak Djokovic avec classe, autorité et panache. 3 sur 3 : mais quel pied les mecs et quel divin cadeau pour les 10 ans de mon blog, merci Papa Stanoël !!!
A l'image de son chef d'oeuvre à Roland Garros en 2015, le bison a joué en patron, dicté le jeu et géré les moments chauds tel un grand champion, tel un extraterrestre. Combien de balles de break sauvées face au joueur qui, faut-il le rappeler, est considéré comme le plus fort dans ce domaine ? Dans la tête, Stanimal a été plus solide que jamais. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie de notre Rodgeur national, le Vaudois a réussi à faire ce que le Bâlois avait complètement raté l'année dernière au même stade de la compétition : ne rien lâcher sur les balles de break et saisir la moindre occasion sur le service adverse. Je vibre encore en pensant à la fin des deuxième et troisième manches. Tellement fort !
Le quatrième set, de son côté, fut plus un pensum qu'autre chose. La faute à un Novak Djokobite pathétique, truqueur et clairement scandaleux. Ce petit monsieur est au fair-play ce que Rocco Siffredi est au romantisme, ce que Nabilla est à la littérature. Quand on est numéro 1 mondial et qu'on a déjà gagné 12 Majeurs, qu'on joue la finale de l'US Open face à un soi-disant pote, ne peut-on pas se comporter autrement ? Ne peut-on pas montrer un peu de fierté et de dignité dans la défaite ? Comme par hasard, les deux pauses pédicure sont arrivées au moment où Stan lui dansait sur le ventre. Comme par hasard, le Serbe a continué à jouer, à courir, à frapper fort, tout en faisant ses grimaces et en boitant entre les points. Ne va pas me dire que ce n'était pas pour déstabiliser son adversaire... D'ailleurs, que serait-il arrivé si Djokocon avait concrétisé ses balles de break à 3-1 ? Bref, Stan a été très fort face à cette situation ô combien compliquée. N'importe quel autre joueur aurait probablement craqué et perdu le quatrième set - puis le match - face au show grotesque du coton-tige.
Allez, une chose est sûre après ce jour de grâce : Djokonaze nous a de nouveau démontré qu'il était l'antithèse d'un grand champion tandis que Stan renforce encore plus sa légende, sa stature, son aura et sa place dans l'histoire du tennis. Avec trois tournois du Grand Chelem dans son escarcelle sur quatre possible, le numéro 3 mondial peut désormais rêver de Wimbledon et, bien sûr, d'autres grands sacres. Depuis 2014 et son avènement à Melbourne, le natif de St-Barthélémy est tout simplement le joueur le plus titré en Majeur après le sosie de Joe Dalton.
Bref, bravo et merci pour tout mon gamin, tu es le roi de New York, le prince de l'Amérique et, surtout, notre super-héros !! Toute la Suisse, y compris Rodgeur, te remercie et te vénère. Tous les amoureux du tennis, du beau et vrai tennis (pas celui de Djoko donc), aussi. The world is yours, Stan The Man.  

11.9.16

Jamais deux sans trois ?

Putain les mecs, c'est trop fort !!!!! Quel plus beau cadeau pouvais-je rêver pour les 10 ans de mon blog ? Le Père Noël s'appelle Stan et m'a donc offert une nouvelle finale de Grand Chelem avec un Suisse, ce qui devient une jouissante habitude ! Mis à part durant la maudite année 2013, cela fait depuis 2003 (!) qu'un de nos compatriotes arrive au moins au dernier stade d'un tournoi du Grand Chelem pendant une saison. C'est dire si on a le cul bordé de nouilles et s'il faut profiter à fond des moments uniques qu'on est en train de vivre ! Quand Stan et Rodgeur auront quitté le circuit, ce qui j'espère arrivera le plus tard possible (comme ma crise de foie et la fin de mon célibat), on repensera à cette période dorée avec une immense nostalgie... "Tu te souviens quand Federer et Wawrinka squattaient le top 4 mondial et les finales des Majeurs?" "Heeeeuuuuu oui, ça paraît si loin, maintenant que le premier Suisse pointe au 248ème rang à l'ATP..." se dira-t-on peut-être en 2020 ou 2021...

Je n'ose pas imaginer la déprime... Mais bon, on n'y est pas encore (loin de là même) et ce qui nous attend ce soir est tout simplement grandiose : une finale Djokovic - Wawrinka dans le plus grand stade du monde, revanche de la mythique finale de Roland Garros 2015 ! Une rivalité entre le Serbe et le Suisse qui est d'ailleurs gentiment en passe de devenir marquante, pour ne pas dire plus, dans le monde de la petite balle jaune. Après leur face à face mémorable de Melbourne (2 fois), Paris et New York, les deux potes - car oui, ils s'apprécient - se retrouvent une nouvelle fois dans un grand rendez-vous. Franchement, on pouvait difficilement rêver mieux pour clore ces quatre levées du Grand Chelem.

L'enjeu sera énorme pour les deux joueurs : un 13ème Majeur et un nouveau Petit Chelem pour le numéro 1 mondial ; un premier US Open et 3ème Majeur en autant de finales pour notre Stan national. Inutile de dire que le défi qui se dresse devant le gamin relève, comme il l'a lui même avoué, du défi ultime : battre un Novak Djokovic qui arrive à cette finale frais comme une rose, tel un fonctionnaire qui débarque à l'apéro après un vendredi après-midi de "travail". Le coton-tige a en effet gagné trois matches sans jouer (ou presque) et a eu pour principal adversaire jusqu'ici un certain Gaël Monfils, qui fut aussi crédible en demi-finale qu'un discours de Christophe Lemaitre écrit par Franck Ribéry. De son côté, Stan The Man est passé à un point de l'élimination au troisième tour avant de monter en puissance face à Del Puerco en quart et Nishisuhsi en demi. Quoi qu'il en soit, comme à Paris l'an dernier, il faudra certainement "le plus grand Wawrinka de tous les temps" et un Djokobite un peu nerveux ou tout du moins contrarié pour espérer une 5ème victoire du Vaudois en... 24 matches face à Nole.

Allez, on y croit les amis et on va tous vibrer ce soir dès 22h derrière notre écran de télévision ! Et lundi matin, j'espère qu'on aura tous une bonne excuse d'avoir la tête dans le cul... Come on Stanimal !!!!!!

31.8.16

10 ans !!!!!!!!!! (2/2)

Ben les mecs, on ne peut pas dire que vous m'ayez inondé de commentaires pour cet anniversaire... J'étais d'ailleurs à deux doigts d'envoyer péter cette deuxième partie. Mais bon, je me dois de tenir ma parole auprès de mes fidèles lecteurs et malgré une audience en perte de vitesse sur ce blog (en partie à cause de mes pauses répétées, je dois l'accorder), voici la seconde partie du Top Ten de mes plus grandes émotions sur cette dernière décennie :
 
6. La 17ème et à ce jour dernière victoire de Federer en Grand Chelem
 
Parce que c'est son dernier Majeur et qu'on le voulait tellement, parce qu'il avait battu Djokovic en demi et Murray en finale, parce que le Maître avait 30 ans et venait de traverser une saison 2011 sans titre du Grand Chelem (une première depuis... 2002), ce 17ème Majeur a évidemment une saveur très particulière. Ce jour-là, Roger Federer égalait le record de Pete Sampras avec sept sacres dans le temple du tennis et renforçait son statut de plus grand joueur de tous les temps. Divine cerise sur un gâteau déjà gargantuesque, ce triomphe lui permettait de redevenir numéro 1 mondial et de battre, quelques jours plus tard, le record de Sampras avec une 287ème semaine à la tête du classement ATP. J'en durcis encore.
 
L'anecdote : à l'image de son miracle contre Tommy Haas à Roland Garros 2009, le parcours de notre Rodgeur national a failli s'arrêter au troisième tour en ce Wimbledon 2012. Face à un Julien Benneteau en feu (si si), le Bâlois est mené deux sets à zéro. Il gagne facilement la troisième manche mais, au quatrième set, doit passer par un tie-break de tous les dangers pour recoller à deux sets partout. Disputé au milieu de la soirée dans un Central fermé où régnait une véritable ambiance de Coupe Davis, ce tie-break est complètement irrespirable et fera partie des grands moments de cette quinzaine. Rodgeur s'en sortira par les poils avec une victoire 8-6, ceci après avoir été à deux points de l'élimination à... six reprises ! Le cinquième set sera une formalité et le Suisse remportera ainsi le huitième match de sa carrière après avoir été mené deux sets à zéro.

7. La médaille d'or à Pékin en 2008

Je l'admets et je suis bien placé pour le dire, une médaille d'or aux Jeux Olympiques n'aura jamais la même saveur qu'un titre en Grand Chelem ou en Coupe Davis, mais cette aventure unique entre le grand Rodgeur et le petit Stan (à l'époque s'entend...) a ému tous les fans de tennis de ce pays. C'était beau de contempler les larmes de Federer et Wawrinka sur la plus haute marche du podium, de voir leur joie et leur communion après la victoire, de les sentir unis et amis comme jamais. Nul doute que cette médaille d'or a tissé des liens indéfectibles entre eux et que, sans ce parcours aussi jouissif qu'inattendu dans la capitale du brouillard, les deux Suisses ne seraient peut-être pas partis ensemble à la conquête du Saladier d'Argent. C'était également beau de voir le jeune Wawrinka, 23 ans et zéro titre du Grand Chelem au compteur, tirer vers le haut et motiver le roi Federer, 27 ans et... douze titres du Grand Chelem sur la cheminée, durant toute cette épopée olympique.
 
L'anecdote : en demi-finale, nos Suisses préférés s'étaient offerts un double plaisir : battre non seulement les numéro 1 mondiaux mais surtout les deux plus grosses têtes à claques du circuit, les frères Bryan et leur tronche de cake, leur affreuse casquette et leur accent de surfeur californien. Avec notamment une première manche gagnée au tie-break après avoir sauvé une balle de set. Je me souviens avoir regardé ce match seul dans un bar de Lausanne (le Byblos pour ne pas le nommer) et avoir jubilé tout seul sur chaque point, sur chaque hurlée de Stan et Rodgeur qui semblaient détester autant que moi ces deux ânes qui auraient pu postuler pour le rôle de Dumb & Dumber.

8. La finale Federer – Roddick et le fameux 16-14 du cinquième set

2009 ou l'été où tout a souri à Roger Federer... 7 juin 2009 – 5 juillet 2009, 29 jours pour réaliser le plus beau doublé de l'histoire du tennis, un combo Roland Garros – Wimbledon que seuls Roger Federer et Rafael Nadal ont réussi à signer durant l'ère moderne, si l'on considère que les trois doublés consécutifs de Björn Borg entre 1978 et 1980 ne font pas vraiment partie de l'ère «moderne». 29 jours pour marquer encore plus l'Histoire de son sport et entériner définitivement son statut de plus grand tennismen de tous les temps (des mots qui, je sais, ont tendance à se répéter dans cet rétrospective-anniversaire...). Un 15ème titre en Grand Chelem et un 6ème sacre à Wimbledon acquis après une finale épique face à l'une de ses victime favorites, le pauvre Andy Roddick. Au bout du suspense une victoire 16-14 au 5ème set grâce à son seul (!) break de la rencontre. The Greatest.
 
L'anecdote (en mode Wikipédia) : ce duel ne sera ni le plus beau à voir ni le plus émouvant, mais on gardera en tête que Rodgeur aura disputé la plus longue finale d'un tournoi du Grand Chelem en terme de jeux (77) et qu'il s'agissait du plus long cinquième set en terme de jeux dans une finale de Grand Chelem (30), explosant le record de la finale de Roland Garros 1927 (20). Au passage, notons que sur les cinq finales de Majeur disputées en cinq sets, le Maître n'en aura gagné que deux. Et pas forcément les plus mythiques...

9. La finale hors du commun de l'Open d'Australie 2012 entre Novak Djokovic et Rafael Nadal

Voilà, on ne pourra pas dire que je ne vibre qu'aux exploits de nos compatriotes. La finale de l'Open d'Australie 2012 entre Djokobite et Popeye, deux joueurs que j'adore détester (même si je dois reconnaître que l'Espagnol est un immense champion, un bon gars et un modèle de fair-play), est un match qui m'a clairement marqué. Ce duel de malade entre deux guerriers au sommet de leur art, parfois dans un état second voire au bord de l'hystérie, m'avait complètement scotché. La fin du quatrième set est une ode à la rage de vaincre avec ce tie-break d'anthologie que Nadal remporte avant de finir les deux genoux à terre. Et que dire sur la cinquième manche ? Il y a tout eu dans ce dernier set au scénario hitchcockien : une ambiance de feu, le break, le contre-break, ce point complètement ahurissant à 4-4 où Djokovic finit à terre, une dramaturgie de tous les instants et cette fin de match à couper le souffle. On regarde et on aime le sport parce qu'il nous procure des émotions uniques, force est de constater qu'on avait été gâtés en ce dimanche 29 janvier 2012.
 
L'anecdote : 5-7 6-4 6-2 6-7 7-5 en 5h53 de jeu : ce duel hallucinant était entré dans la légende du tennis comme la plus longue finale de tous les temps. L'image de ces deux extraterrestres à bout de forces lors de la remise des trophées était plus forte qu'un long discours.

10. Les larmes du Maître à Melbourne en 2009
 
Une défaite rageante et une déception gigantesque de notre Rodgeur national pour conclure ce Top Ten. Les larmes du Maître après cette finale qu'il n'aurait jamais dû perdre avaient ému toute la planète tennis. Il y avait de tout dans ces larmes : colère, rage, passion, émotion, frustration, caprice, haine, tristesse, dégoût...  J'étais alors anéanti devant ma télé mais avait apprécié ce moment où Rafa était venu consoler Rodgeur, où deux champions que tout opposait avaient offert au monde entier un très grand moment de fair-play. Il y avait énormément de sincérité et de respect des deux côtés. Et cette image restera dans les livres d'histoire.

L'anecdote : ce match sera la cinquième défaite en sept finales majeures face à sa bête noire (il en perdra encore une deux ans plus tard à Paris), avec toujours ce même goût d'inachevé et ce sentiment que dans un grand jour, Rodg l'aurait fait. Et même facilement. Depuis le début de leur rivalité, Rafael Nadal aura constitué un problème insoluble pour le Maître, lequel affiche un bilan de 23 défaites pour seulement 11 victoires face au Majorquin, même s'il faut avouer que 13 revers l'ont été sur terre battue. Reste que cette rivalité est et restera pour longtemps comme la plus belle de l'histoire de la petite balle jaune. Bien devant celles entre Nadal et Djokovic, Agassi et Sampras, Edberg et Becker, Borg et Connors ou autre Lendl et McEnroe. Bref, Roger Federer et Rafael Nadal, deux mythes qui laisseront un grand, un immense vide quand ils auront décidé de ranger leur raquette. Et avec qui je suis content de terminer ce Top Ten rempli de beaux souvenirs. Pas sûr que les 10 prochaines années nous offrent autant d'émotions... 

28.8.16

10 ans !!!!!!!!!! (1/2)

Putain, 10 ans les amis !!! Oui, cela fait exactement 10 ans, soit depuis le 28 août 2006, que j'écris mes conneries, enflammades, délires et théories foireuses sur ce blog. Que j'insulte le tennis féminin, Djokobite, Popeye, Boris Becker ou le public français... Que j'encense Rodgeur, Stan, Timea, Belinda ou la magie de la Coupe Davis. 

2006 – 2016 donc, une décennie qui correspond – grosso modo – à l'âge d'or du tennis helvétique et à l'âge d'or du tennis tout court. Dix années durant lesquelles le tennis suisse aura conquis 11 titres du Grand Chelem (9 pour Rodgeur, 2 pour Stan), 3 Masters, une médaille d'or olympique et une Coupe Davis. Dix années durant lesquelles, il faut bien l'admettre, Rafael Nadal et Novak Djokovic (12 Majeurs chacun) ont pris le dessus sur le Maître et lui auront fait subir pas moins de 8 défaites (!) en finale de Grand Chelem, la neuvième étant l'
«oeuvre» de Juan Martin Del Potro. Un Roger Federer qui aura donc gagné ou perdu (c'est selon) une finale de Grand Chelem sur deux durant cette décennie, dont certaines ô combien traumatisantes...

Dix années durant lesquelles seuls quatre joueurs (Murray, Del Potro, Wawrinka et Cilic) auront réussi à briser la domination du trio Federer – Nadal – Djokovic. Trois monstres qu'on peut considérer comme les plus grands joueurs de l'ère moderne (avec Pete Sampras) et qui auront hissé le niveau de notre sport préféré à des hauteurs stratosphériques. 


Dix années durant lesquelles j'ai pondu 385 posts pour 9853 commentaires (merci à toi !), où j'ai tenté de partager au mieux ma passion pour ce sport qui a fait de moi un champion olympique et un homme heureux. Bref, 10 ans de belles et grandes émotions que, derrière ma télé ou dans ma cabine de commentateur, j'ai eu la chance de vivre de près, de très près même. 

Pour marquer l'anniversaire de ce blog, j'ai trouvé sympa de revenir sur les dix plus grands moments que j'ai eu le plaisir de te conter sur ce site. Un classement subjectif où les exploits de nos Rodgeur et Stan nationaux tiennent bien sûr le haut du pavé. Bref, voici la première partie de mon classement avec une petite anecdote à la clé...
 
1. Le triomphe de la Suisse en Coupe Davis
 
L'apothéose, le pied total, la gaule !!! Parce que c'est la plus belle victoire de la Suisse en sport collectif, parce que j'ai toujours trouvé la Coupe Davis magique, parce qu'on avait cloué le bec à nos meilleurs ennemis, lesquels s'étaient montrés particulièrement indigestes avant, pendant et surtout après la rencontre, parce que j'ai toujours préféré les victoires en équipe qu'en solo, parce que les supporters suisses avaient régné en maître durant toute la finale, parce que c'est le dernier grand titre qui manquait au Rodg, parce que Stan le ritait et le voulait tellement ce Saladier d'Argent, parce que la fête qui avait suivi fut absolument dantesque et, aussi, parce que mon blog avait connu des records d'affluence à cette occasion, je donne la première place de ce classement à cet orgasme XXL. 
 
L'anecdote : tu dois le savoir si tu lis ce blog régulièrement, ce sacre coïncide avec la naissance de notre hymne, la Ballade des gens heureux. Depuis ce mythique 23 novembre 2014, cette chanson nous accompagne lors de chaque beuverie entre potes. Accolades et frissons garantis !

2. Le jour où Federer a touché le Graal à Roland Garros
 
Rodgeur à genoux sur la terre battue parisienne, l'hymne suisse qui résonne dans le Philippe Chatrier, les larmes du Maître, la joie d'un public complètement acquis à sa cause... Des images pour l'éternité ! Ce jour-là, la plus grande injustice du tennis venait d'être réparée, le Bâlois ne faisant qu'une bouchée d'un Robin Söderling qu'on ne remerciera jamais assez. Les mauvaises langues diront que c'était un Roland Garros au rabais, je leur répondrai qu'ils aillent bien se faire foutre. Après trois échecs de suite face à Rafael Nadal, le Bâlois gagnait (enfin) le dernier tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès et obtenait du même coup le titre de plus grand tennisman de tous les temps. Ni plus ni moins.
 
L'anecdote : certains l'ont peut-être oublié mais pour un point, pour un rien, Rogdeur n'aurait probablement jamais gagné Roland Garros... En huitième de finale, un jour après l'élimination de Nadal, le Bâlois – très tendu à l'idée de pouvoir enfin remporter ce titre – est mené deux sets à zéro par Tommy Haas et, à 3-2 pour l'Allemand dans la troisième manche, doit écarter deux balles de break... Sur l'une d'elles, le Suisse frappe un coup droit qui effleure la ligne. Après ce point miraculeux, le numéro 2 mondial déroule et s'offre un quart de finale contre Gaël Monfils.

Ce quart de finale justement, c'est la deuxième anecdote de cette rubrique... Alors qu'il affronte un joueur français, parisien qui plus est, sur le Central d'un Grand Chelem en France, Federer aura TOUT le public avec lui. Une situation complètement exceptionnelle, unique au monde, que seul un Roger Federer peut engendrer. Gaël Monfils n'en croira pas ses yeux, ou plutôt ses oreilles, mais finira par avouer que Rodgeur le méritait.

3. Le sacre de Wawrinka à l'Open d'Australie

 
Le premier jour du reste de ta vie... Le dimanche où Stanislas a été baptisé Stan The Man, où le gamin est devenu un géant, où toute la planète tennis l'a regardé avec d'autres yeux, où l'enfant de Saint-Barthélemy a définitivement changé de statut, se débarrassant enfin de son étiquette de «loser magnifique», bref, le jour où sa carrière a basculé dans une toute autre dimension. Celle des légendes. Une quinzaine de grâce où le Vaudois a mis tout le monde d'accord, à commencer par Djokovic en quart et Nadal en finale, respectivement numéro 2 et 1 mondial. Rien que ça. Le premier set de la finale est d'ailleurs l'un des plus aboutis de sa carrière. Une pure merveille où le taureau des Baléares a pris autant de gifles qu'une racaille en interrogatoire dans un commissariat de la banlieue parisienne. Comme je l'avais écrit en janvier 2014, ce fut plus fort que du viagra !
 
L'anecdote : les auteurs de ce vrai-faux blog avaient promis de se mettre à poil dans la fontaine de la Palud si Stan le faisait... Il l'a fait, ils l'ont fait aussi ! Les fesses à l'air un beau dimanche de janvier en plein milieu de l'après-midi. Le cliché, sans grande surprise, avait fait le buzz.

4. Le deuxième Majeur de Wawrinka à Roland Garros

 
Tellement beau, tellement fou, tellement inattendu, tellement TOUT... Le summum de la carrière du gamin, plus fort encore que sa victoire en Australie mais quand même moins symbolique puisqu'il s'agissait de son deuxième grand sacre. Battre le numéro 1 mondial en finale à Roland Garros, à quelques centaines de kilomètres de sa ville natale, ça restera probablement comme l'Exploit ultime réalisé par le Vaudois durant sa carrière. Sans cette défaite, Novak Djokovic aurait tout simplement signé le Grand Chelem calendaire cette année-là, c'est dire si le «bison» – son surnom durant cette quinzaine de légende – a touché les étoiles en ce dimanche 7 juin 2015. Le monde était Stan. Et la Suisse romande pleurait de joie.    
 
L'anecdote : la plus grosse hystérie de ma vie dans une cabine de commentateur ! Même à zéro pour mille dans le sang, Pascal Droz et ton serviteur avions atteint un état d'euphorie et d'excitation total, dingue, magique. Des moments pour la vie, gravés à tout jamais dans nos têtes et nos coeurs, que seul le sport peut nous offrir.   
 

5. Federer – Nadal en finale de Wimbledon 2008
 
A ma gauche, Roger Federer, numéro 1 mondial et quintuple tenant du titre. A ma droite, Rafael Nadal, numéro 2 mondial et triple vainqueur de Roland Garros. Au milieu, le plus beau court du monde, le Central de Wimbledon. Au dessus, une météo très capricieuse. Autour, un public survolté, en extase. Voilà les ingrédients qui ont fait de cette finale LE match du siècle. Une rencontre interrompue plusieurs fois par la pluie et qui s'est terminée dans la pénombre, ce qui a contribué au mythe de ce duel entre deux champions au sommet de leur art et dont la rivalité aura atteint son paroxysme en ce dimanche 6 juillet 2008. Une ode au tennis, au spectacle et au suspense. Malheureusement pour tous les fans de Rogdeur, le scénario aura été terriblement cruel. Et les regrets resteront éternels...
 
L'anecdote : c'est une histoire tout à fait vraie : un ami neuchâtelois et chirurgien, complètement fan de Rodgeur et complètement traumatisé par cette défaite, ira faire appel à un psychologue à plusieurs reprises durant les jours post-finale...  

Voilà mon pote, la suite arrive dans quelques jours ! D'ici là, si tu veux écrire deux-trois mots dans les commentaires pour me dire ce que tu aimes ou détestes dans mon blog, ben ça me ferait évidemment plaisir !